Vous intervenez chez des clients, souvent dans l'urgence : une porte forcée à tort, un encadrement abîmé, un cylindre qui casse, un litige sur la facturation d'une intervention de nuit, et votre responsabilité est engagée. La priorité d'un serrurier, c'est une RC professionnelle et exploitation solide, doublée d'une protection de l'atelier, de l'outillage et du véhicule. Nous comparons les assureurs spécialisés des artisans.
La RC professionnelle couvre votre activité de dépannage. Dès que vous posez des ouvrages métalliques (portails, garde-corps, escaliers), une assurance décennale devient obligatoire.
Le métier de serrurier se joue sur deux terrains que beaucoup de contrats traitent mal. D'abord le dépannage : vous travaillez chez le client, dans l'urgence, sur des biens qui ne sont pas les vôtres. Une porte forcée à tort, un encadrement éraflé, une serrure cassée pendant l'ouverture, un litige sur le prix d'une intervention de nuit — autant de sinistres qui relèvent de votre RC professionnelle et exploitation. Ensuite la métallerie : dès que vous fabriquez et posez des portails, garde-corps ou escaliers, vous devenez « constructeur » au sens de la loi, et la décennale devient obligatoire.
À cela s'ajoute votre outil de travail : un atelier, un stock, un outillage coûteux et un véhicule chargé de matériel, exposés au vol et à la casse. Et comme tout artisan affilié à la SSI, vous n'avez ni la prévoyance d'un salarié ni un filet pour couvrir l'arrêt de l'activité. Votre protection se construit garantie par garantie — suivez le guide.
La RC professionnelle n'est pas une obligation générale pour toutes les entreprises, mais elle est incontournable pour un serrurier : sans elle, le moindre dégât causé chez un client reste à votre charge, et de nombreux donneurs d'ordre (syndics, agences, assureurs habitation) refusent de vous mandater sans attestation.
Trois familles de sinistres reviennent chez le serrurier. La RC exploitation : vous abîmez une porte, un mur ou un meuble en intervenant, ou un passant trébuche sur votre matériel. La RC professionnelle au sens strict : une serrure mal posée, une porte blindée qui ne ferme plus, un défaut qui cause un vol ou un dégât. Et le terrain plus inattendu du litige client : contestation du tarif d'une intervention de nuit ou d'urgence, désaccord sur l'opportunité d'avoir forcé une porte. Une protection juridique adossée à la RC prend alors le relais.
Le dépannage (ouverture de porte, changement de cylindre, réparation de serrure) relève de la RC pro, pas de la décennale. Beaucoup de serruriers paient une décennale dont ils n'ont pas besoin, ou inversement posent des ouvrages sans être couverts. Déclarez précisément vos activités pour être assuré au bon endroit.
Vérifiez que votre RC couvre bien l'intervention en urgence et de nuit, le travail sur le bien d'autrui (les biens confiés sont souvent exclus par défaut), et qu'une protection juridique est adossée au contrat : les litiges de facturation sur les dépannages d'urgence sont fréquents et coûteux à défendre seul.
L'article L.241-1 du Code des assurances (loi Spinetta de 1978) impose une assurance décennale à tout professionnel réalisant des travaux de construction. Pour un serrurier-métallier, l'obligation se déclenche dès la pose d'un ouvrage incorporé au bâtiment. Travailler sans être assuré expose à de lourdes sanctions pénales et financières.
La frontière est simple à énoncer mais souvent mal comprise : le dépannage et la réparation de serrures restent sur la RC pro ; la fabrication et la pose d'un ouvrage scellé (un portail, un garde-corps, un escalier) basculent sur la décennale. Le critère, c'est l'atteinte à la solidité de l'ouvrage ou son caractère impropre à sa destination : un garde-corps mal fixé qui cède, c'est exactement ce que couvre la décennale.
Si vous faites uniquement du dépannage et de la pose de serrures, la décennale n'est pas obligatoire : ne la souscrivez pas par excès de prudence. Si vous touchez à la métallerie posée, ne vous en passez pas : la frontière entre les deux est la principale cause de serruriers mal assurés.
Le serrurier cumule deux expositions matérielles. À poste fixe, l'atelier et son contenu (machines, stock de serrures et de profilés, outillage) sont exposés à l'incendie, au dégât des eaux et au vol. En déplacement, le véhicule — souvent un fourgon plein de matériel — est une cible privilégiée : effraction, vol d'outillage, vol du véhicule lui-même. Un outillage volé, c'est l'activité à l'arrêt le temps de tout racheter.
Deux points décisifs : faites couvrir le vol d'outillage dans le véhicule (souvent exclu ou très plafonné par défaut, alors que c'est le sinistre le plus fréquent du métier), et tenez un inventaire chiffré de votre outillage pour être indemnisé à sa juste valeur. Pensez aussi à coordonner cette garantie avec votre assurance du véhicule professionnel.
Affilié à la SSI, vous touchez des indemnités journalières — mais seulement après 3 jours de carence (versement dès le 4ᵉ jour), avec un montant plafonné et faible (de l'ordre de 56 €/jour brut au maximum en 2026), calculé sur 1/730ᵉ de votre revenu annuel moyen et limité dans le temps. Pour un artisan qui doit continuer à payer son matériel, son local et ses cotisations, c'est très loin de couvrir ses charges et son niveau de vie.
Hypothèses illustratives : IJ CPAM ≈ 50 % du revenu plafonnées à ≈ 1 600 €/mois, versées du 4ᵉ au 87ᵉ jour ; prévoyance calibrée à ≈ 90 % du revenu. Le calcul réel dépend de votre contrat.
Simuler ma prévoyancePour un métier manuel, soignez la définition de l'invalidité : une atteinte aux mains, au dos ou aux genoux peut vous empêcher de travailler sans pour autant être reconnue comme invalidité totale par le régime de base. Calibrez aussi les indemnités sur vos charges fixes réelles (matériel, véhicule, local, cotisations), pas seulement sur votre revenu net.
Calcul illustratif : économie ≈ versement × TMI, dans la limite des plafonds Madelin / PER calculés sur votre revenu professionnel. Conditions : contrat éligible et cotisations sociales à jour.
Estimer mon avantage fiscalLa revente du fonds artisanal ou du fichier clients n'est pas une retraite garantie : sa valeur dépend du marché le jour J. Un PER alimenté pendant la carrière constitue un complément indépendant, et chaque versement est déductible de votre revenu imposable (loi Madelin, art. 154 bis du CGI).
Voici comment s'articulent les garanties d'un serrurier, du contrat central de responsabilité aux garanties qui protègent l'outil de travail et compensent l'absence de filet salarié.
Dépannage, pose d'ouvrages, atelier, véhicule : quelques informations sur vos vraies activités et priorités.
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