Fiscalité & social

Comment sont calculées les cotisations URSSAF d'un TNS

Un travailleur non salarié reverse à l'URSSAF de l'ordre de 40 à 45 % de son revenu net en cotisations et contributions sociales. Voici, branche par branche, comment ce montant se construit — et un simulateur pour l'estimer sur votre propre revenu.

Mis à jour le 12/06/2026·Lecture 5 min
Courtier en assurancesRéponse sous 24hSans engagementÉligible loi Madelin

Les cotisations URSSAF d'un indépendant ne sont pas un pourcentage unique appliqué à votre bénéfice. Elles résultent de sept branches distinctes, chacune avec son taux, son assiette et parfois un barème progressif. Comprendre leur mécanique, c'est savoir anticiper sa trésorerie, ne pas être surpris par la régularisation, et mesurer ce que coûte réellement chaque euro de revenu.

Qui paie des cotisations URSSAF, et sur quoi

Sont concernés tous les travailleurs non salariés (TNS) rattachés à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), gérée par l'URSSAF : artisans, commerçants, professions libérales non réglementées, et gérants majoritaires de SARL. Les professions libérales réglementées (médecins, avocats, experts-comptables…) relèvent de caisses propres (CARMF, CNBF, CIPAV…) avec des barèmes spécifiques, mais la logique d'ensemble reste la même.

Ces cotisations financent votre protection sociale obligatoire : maladie, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, prestations familiales. À cela s'ajoutent deux contributions de solidarité (CSG-CRDS) et une contribution à la formation professionnelle (CFP). Au total, l'addition représente couramment 40 à 45 % du revenu net d'un indépendant.

L'essentiel à retenir — Vos cotisations URSSAF se calculent sur votre revenu professionnel, pas sur votre chiffre d'affaires. Depuis 2026, l'assiette unique est ce revenu après un abattement forfaitaire de 26 % (vous cotisez donc sur 74 % du revenu). Sept branches s'y appliquent, dont deux à barème progressif.

L'assiette : le revenu professionnel après abattement de 26 %

Le point de départ n'est jamais votre chiffre d'affaires, mais votre revenu professionnel : le bénéfice (BIC, BNC, BA) pour un entrepreneur à l'impôt sur le revenu, ou la rémunération du gérant majoritaire pour une société à l'IS. C'est sur cette base, et non sur ce que vous encaissez, que l'URSSAF travaille.

Ce que change la réforme de l'assiette sociale 2026

Jusqu'en 2025, les cotisations et la CSG-CRDS reposaient sur deux assiettes différentes, avec une réintégration des cotisations au calcul de la CSG — un mécanisme illisible. Depuis la régularisation des revenus 2025 (intervenant en 2026), tout passe par une assiette unique : on part du revenu professionnel brut, auquel on applique un abattement forfaitaire de 26 %. Vous cotisez donc sur 74 % de votre revenu.

Cette assiette est encadrée : au minimum 1,76 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit environ 846 €, et au maximum 130 % du PASS, soit 62 478 € pour 2026 (le PASS 2026 s'élève à 48 060 €).

Bon à savoir — La réforme n'augmente pas la pression sociale globale : elle rééquilibre le total. La part de CSG-CRDS (qui n'ouvre aucun droit) baisse légèrement au profit des cotisations contributives, notamment la retraite. À prélèvement quasi constant, l'indépendant accumule davantage de droits retraite.

Les sept branches de cotisations, taux 2026

Voici le détail des taux applicables en 2026 pour un artisan, commerçant ou professionnel libéral non réglementé. Les taux de la maladie-maternité et des allocations familiales sont progressifs : ils augmentent avec le revenu, ce qui allège fortement la charge des faibles revenus.

BrancheTaux 2026Assiette / plafond
Maladie-maternité0 % à 8,5 % (progressif)0 % jusqu'à 40 % du PASS, puis montée jusqu'à 300 % du PASS
Indemnités journalières0,50 %dans la limite de 5 PASS (assiette mini 40 % du PASS)
Retraite de base17,87 % puis 0,72 %17,87 % jusqu'à 1 PASS, 0,72 % au-delà (déplafonné)
Retraite complémentaire8,1 % puis 9,1 %8,1 % jusqu'à 1 PASS, 9,1 % de 1 à 4 PASS
Invalidité-décès1,30 %dans la limite de 1 PASS
Allocations familiales0 % à 3,10 % (progressif)0 % sous 110 % du PASS, 3,10 % au-delà de 140 %
CSG-CRDS9,70 %9,2 % de CSG + 0,5 % de CRDS, sur l'assiette abattue
Formation professionnelle (CFP)0,25 % du PASS≈ 120 € (forfait, exigible en novembre)

Maladie-maternité : un taux qui démarre à zéro

C'est la branche la plus favorable aux petits revenus. En dessous de 40 % du PASS (≈ 19 200 €), le taux maladie est de 0 %. Il monte ensuite progressivement par paliers : environ 4 % autour de 110 % du PASS, jusqu'à un maximum de 8,5 % entre 200 % et 300 % du PASS. Au-delà de 300 % du PASS, la part « haute » redescend à 6,5 % sur la fraction qui dépasse. Concrètement, plus votre revenu grimpe, plus votre taux maladie effectif se rapproche de 8,5 %.

Retraite : la branche la plus lourde, mais contributive

La retraite de base (17,87 % sur la première tranche) et la complémentaire (8,1 % puis 9,1 %) forment, ensemble, le poste le plus important — souvent près de 25 % de l'assiette. C'est aussi le plus « utile » : contrairement à la CSG-CRDS, chaque euro versé vous ouvre des droits à pension. Reste que cette pension demeure souvent modeste au regard du revenu d'activité, ce qui justifie de la compléter par un PER / contrat retraite Madelin.

Allocations familiales et CSG-CRDS

Les allocations familiales sont à 0 % tant que votre revenu reste sous 110 % du PASS (≈ 52 900 €) ; le taux monte progressivement jusqu'à 3,10 % au-delà de 140 % du PASS. La CSG-CRDS (9,7 %), elle, s'applique dès le premier euro sur l'assiette abattue — et n'ouvre, rappelons-le, aucun droit : c'est un prélèvement de solidarité (voir notre guide sur la CSG déductible).

Un calcul complet, pas à pas

Prenons un artisan avec un revenu professionnel de 50 000 € en 2026. Voici comment l'URSSAF construit l'addition :

  • Assiette : 50 000 € × 74 % (abattement de 26 %) = 37 000 € — c'est à 0,77 PASS, donc tout reste sous le plafond de 1 PASS.
  • Maladie-maternité : à ce niveau de revenu, le taux progressif tourne autour de 4 %, soit ≈ 1 480 €.
  • Retraite de base : 37 000 € × 17,87 % = 6 612 €.
  • Retraite complémentaire : 37 000 € × 8,1 % = 2 997 €.
  • Invalidité-décès : 37 000 € × 1,30 % = 481 €.
  • Indemnités journalières : 37 000 € × 0,50 % = 185 €.
  • Allocations familiales : revenu sous 110 % du PASS → 0 €.
  • CSG-CRDS : 37 000 € × 9,7 % = 3 589 €.
  • CFP : forfait ≈ 120 €.

Total : environ 14 770 € de cotisations, soit un taux effectif de l'ordre de 30 % du revenu professionnel de 50 000 € — ou, formulé autrement, près de 42 % de ce qu'il reste « net » une fois les cotisations payées. C'est cette double lecture qui explique l'écart entre les chiffres qu'on lit ici ou là : ≈ 30 % du revenu, ≈ 42 % du net. Le simulateur ci-dessous fait ce calcul en direct sur votre propre revenu.

Simulateur de cotisations URSSAFEstimez vos cotisations sociales annuelles et votre taux effectif en 2026
Revenu professionnel annuel50 000 €
0 €200 000 €
Cotisations sociales annuelles
14 766 €
Estimation toutes branches (URSSAF / SSI) sur l’assiette 2026.
Taux effectif & revenu net
≈ 30 %
Du revenu professionnel — il vous reste ≈ 35 234 € net (soit ≈ 42 % du net).

Calcul illustratif basé sur les règles 2026 (assiette = revenu × 74 % après abattement de 26 %, PASS 48 060 €, barèmes progressifs maladie et allocations familiales, retraite, invalidité-décès, CSG-CRDS et CFP). Hors cotisations minimales et cas particuliers — votre situation réelle peut varier. Ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.

Comparer mes assurances TNS

Année de création : les cotisations forfaitaires et la régularisation

La première année, l'URSSAF ne connaît pas encore votre revenu : elle ne peut donc pas l'utiliser comme assiette. Elle applique alors des cotisations forfaitaires provisionnelles, calculées sur des bases réduites — 19 % du PASS pour la retraite et l'invalidité-décès, 40 % du PASS pour la maladie et les IJ. Pour une activité débutant en 2026, cela représente de l'ordre de 3 760 € pour un artisan ou un commerçant (hors CFP).

C'est ensuite la régularisation N+1 qui fait la vérité : une fois vos revenus réels déclarés, l'URSSAF recalcule les cotisations définitives et ajuste. Si vous avez bien gagné votre vie, vous réglez un complément ; si vos cotisations forfaitaires étaient surévaluées, vous êtes remboursé.

Attention au piège de trésorerie — Le décalage est le danger n°1 du début d'activité : l'année 1, vous payez peu ; l'année 2, vous réglez à la fois vos cotisations courantes et la régularisation de l'année 1. Provisionnez dès le départ ≈ 40 % de votre revenu pour ne pas subir ce « rattrapage ». Les cotisations minimales, elles, ne s'appliquent qu'à partir de la 3ᵉ année.

Réduire la facture : les cotisations déductibles

Vos cotisations sociales obligatoires sont déjà déduites de votre revenu imposable. Mais vous pouvez aller plus loin : la loi Madelin (article 154 bis du CGI) permet de déduire de votre bénéfice imposable les cotisations versées sur des contrats facultatifs de prévoyance, de mutuelle santé et de retraite. Vous renforcez votre protection — celle que l'URSSAF ne couvre que partiellement — tout en abaissant votre impôt.

L'enjeu est réel : les prestations de la SSI sont souvent insuffisantes. Les indemnités journalières maladie sont plafonnées et limitées dans le temps, l'invalidité comme le décès offrent des montants modestes, et la retraite de base couvre rarement plus de la moitié du revenu d'activité. Un professionnel libéral en tranche à 30 % transforme ainsi 1 000 € de cotisation prévoyance en ≈ 700 € de coût réel, net d'impôt.

Questions fréquentes

Quel pourcentage de cotisations URSSAF paie un TNS ?

En ordre de grandeur, un travailleur non salarié reverse 40 à 45 % de son revenu net en cotisations et contributions sociales. Rapporté au revenu professionnel d'assiette, le taux effectif tourne plutôt autour de 30 à 35 %, car l'abattement de 26 % et les barèmes progressifs allègent la base. Le taux exact dépend de votre niveau de revenu.

Les cotisations se calculent-elles sur le chiffre d'affaires ?

Non. Sauf en micro-entreprise (régime différent, forfaitaire sur le CA), les cotisations d'un TNS au réel se calculent sur le revenu professionnel (bénéfice ou rémunération), et non sur le chiffre d'affaires. Depuis 2026, on applique à ce revenu un abattement de 26 % pour obtenir l'assiette.

Pourquoi mes cotisations augmentent l'année 2 ?

Parce que l'année 1 repose sur des cotisations forfaitaires faibles. L'année 2, vous payez vos cotisations courantes plus la régularisation de l'année 1, une fois votre vrai revenu connu. C'est un décalage de trésorerie, pas une hausse de taux : il faut le provisionner dès le départ.

La CSG-CRDS ouvre-t-elle des droits ?

Non. La CSG-CRDS (9,7 %) est une contribution de solidarité : elle ne vous ouvre aucun droit individuel, contrairement aux cotisations de retraite ou de maladie. Une fraction (6,8 %) est toutefois déductible de votre revenu imposable.

Comment réduire le poids de mes cotisations ?

Vous ne pouvez pas réduire les cotisations obligatoires, mais vous pouvez optimiser votre revenu imposable via la loi Madelin : les cotisations de prévoyance, mutuelle et retraite versées sur des contrats éligibles viennent en déduction de votre bénéfice, dans la limite de plafonds calculés sur votre revenu.

Pour aller plus loin

Articles & garanties liés

Votre devis d'assurance TNS en 2 minutes

Mutuelle, prévoyance, RC pro et retraite Madelin : nous comparons les assureurs spécialisés des indépendants.

Demander mon devis